GIACOMO CARISSIMI 

(1605 - 1674)

VÊPRES ROMAINES

AU XVIIe SIÈCLE

 

 

Florence GRASSET, soprano I

Chloé ROUSSEL, soprano II

Lionel DESMEULES, contre-ténor

Simon JORDAN, ténor

Olivier BETTENS, basse

 

Vanessa MONTEVENTI, violon

Agathe GAUTSCHI, cornet à bouquin

Damien DESBENOIT, orgue

Direction, Gonzalo MARTINEZ

Dimanche  16 octobre 2022 – 16h30 – Temple – FERNEY-VOLTAIRE (France)

Entrée libre - Collecte

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Des Vêpres de Carissimi ?

 

Solennité d’une importance particulière, l’office des vêpres marque le passage du jour à la nuit. Il est aussi le lieu où, dans l’Italie du XVIIe siècle, se croisent deux réalités parallèles : la vie citadine et la vie monastique. En ce moment privilégié, la porte des couvents s’entrouvre au citoyen pressé et soucieux de faire acte de piété avant le repas du soir. C’est probablement ce qui explique l’abondance de la musique composée pour les vêpres, et son rôle non négligeable dans la Contre-réforme.

L’ordonnancement des vêpres est à la fois fixe et variable : en plus de l’incontournable magnificat, on y entend, dans un ordre bien défini, cinq psaumes et une hymne dont le choix précis dépend du calendrier liturgique, et donc de la fête célébrée. À cette époque, ce sont de toute évidence les grandes fêtes mariales qui ont le plus inspiré les compositeurs.

On peut douter que les Vêpres à la Vierge de Claudio Monteverdi (Venise, 1610), modèle resté inégalé, aient jamais été conçues pour un office particulier : il s’agit plus vraisemblablement d’un florilège abstrait, sans fonction liturgique précise. On peut en revanche affirmer que le très romain Carissimi n’a jamais composé de « Vêpres romaines » !

Giacomo Carissimi (1605-1674) est surtout admiré pour ses oratorios, notamment Jonas ou Jephté. Ce qui nous est parvenu de sa musique, le plus souvent sous forme de copies, ne représente probablement qu’une petite partie de sa production ; confiée aux jésuites, celle-ci fut en effet perdue au moment de l’interdiction de l’ordre (1773). Il semble néanmoins avoir composé quelques psaumes et un magnificat à deux chœurs qui forment l’amorce d’un office de vêpres tel qu’il aurait pu se tenir de son temps dans l’une des innombrables églises de Rome.

 

En l’étoffant avec des pièces de contemporains, ou même avec certaines de ses œuvres qui, sans être destinées aux vêpres, ont le mérite de la beauté, on obtient un ensemble dont la vraisemblance historique n’est certes que partielle, mais qui, pour ce qui est du style, ne manque en tout cas pas de panache.

Olivier Bettens