Johann Christian BACH

(1735 - 1782)

REQUIEM

Ensemble Baroque du Léman

Katia VELLETAZ - soprano

Rodrigo SOSA DAL POZZO - contre-ténor

Christophe EINHORN - ténor

Alejandro MEERAPFEL - basse

Camille ALLÉRAT - soprano

Jonas DESCOTTE - contre-ténor

Tristan BLANCHET - ténor

Pierre HÉRITIER - basse

Direction: Gonzalo MARTINEZ

Dimanche 8 novembre 2020 - Temple - Lutry - 17h00

 

Johann Christian BACH (1735 - 1782)

Johann Christian Bach est le dix-huitième et dernier fils de Johann Sebastian Bach, qu'il eut avec Anna Magdalena Bach, sa seconde épouse.

Après la mort de son père en 1750, il se rend à Berlin auprès de son demi-frère Carl Philipp Emanuel Bach, alors claveciniste à la cour du roi Frédéric II. Johann Christian y reçoit alors un nouvel enseignement musical de la part de son demi-frère, mais y subit aussi l’influence du maître de chapelle de la cour, Carl Heinrich Graun.

En 1754, Johann Christian se rend à Milan, en Italie, où il entre au service du comte Agostino Litta. Les circonstances de cette rencontre demeurent assez obscures, bien que l’on puisse raisonnablement supposer que les contacts pris à Berlin parmi les musiciens de la chapelle du roi aient été déterminants. Grâce au soutien de Litta, Johann Christian étudie le contrepoint auprès du père Giovanni Battista Martini à Bologne en 1757.

 

Durant cette période, Bach compose principalement des œuvres de musique sacrée (parmi lesquelles une messe et un Dies Irae datés de 1757/58, un Magnificat à deux voix daté de 1758 et un Te Deum daté de 1759), mais aussi de la musique instrumentale pour l’orchestre de son protecteur.

En 1760, Bach est nommé second organiste de la cathédrale de Milan, après sa conversion au catholicisme. Cette conversion représente une véritable rupture avec la tradition profondément luthérienne de sa famille.

À côté de son activité d’organiste et de compositeur de musique sacrée, Johann Christian s’intéresse à l’opéra. Il compose en 1758 une aria « Misero pargoletto » pour le castrat Filippo Elisi, à l’occasion de l’opéra Demofoonte de Giovanni Battista Ferrandini. Bach fait représenter son premier opéra Artaserse en 1761 à Turin. Il reçoit alors la commande de deux nouveaux opéras pour le San Carlo de Naples, Catone in Utica et Alessandro nelle Indie.

Le succès de ses opéras donne à Johann Christian une réputation internationale. L’épouse du roi anglais Georges III, Sophie Charlotte de Mecklenburg-Strelitz, l’engage alors comme maître de musique. Il arrive à Londres à l’été 1762. Il y donnera douze opéras qui connaîtront des succès divers.

En avril 1764, Johann Christian rencontre pour la première fois le jeune Mozart, alors âgé de seulement huit ans. Cette rencontre est importante, puisque Mozart arrangera plus tard ses sonates opus 5 (n° 2, 3 et 4) en concertos pour piano (K 107) et rendra finalement hommage au maître allemand en citant l’un de ses ouvrages lyriques (l’ouverture de La Calamita dei cuori) dans l’Andante de son concerto en la majeur (K 414).

En 1772, Johann Christian se rend à Mannheim, où il compose un nouvel opéra pour le théâtre de la ville, Temistocle. À son retour à Londres, il participe au concert inaugural du Masonic Hall. Le 23 mai 1772, il est reçu franc-maçon au sein de la loge des Neuf Muses. Début 1773, il épouse une chanteuse italienne, Cecilia Grassi.

Il compose un second opéra Lucio Sillapour le théâtre de Mannheim en 1776 , sur un livret de Giovanni de Gamerra, également utilisé par Mozart. Il connaît un de ses derniers grand succès londoniens le 4 avril 1778 avec la première représentation de La clemenza di Scipione. En 1778, Johann Christian Bach reçoit aussi une commande de Paris pour un opéra, Amadis de Gaule qui ne remporte pas le succès escompté. 

Ses dernières années sont assez difficiles. Il meurt sans descendance connue à Londres le 1er décembre 1782, accablé de dettes que la reine s’efforce de régler.