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Johann Sebastian BACH

Messe en Si mineur
BWV 232

 

Camille ALLÉRAT  Soprano

Marine MARGOT  Soprano
Rodrigo SOSA DAL POZZO  Alto

Davy CORNILLOT  Ténor

Samuel MORENO  Basse

Ensemble Baroque du Léman

Gonzalo MARTINEZ  Direction

Samedi 9 mai 2026

Temple de Saint-Gervais Genève 20h00

​Dimanche 10 mai 2026

Église Saint-François Lausanne 17h00

 

 

 

 

 

 

 

 

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Parmi toutes les œuvres de Jean-Sébastien Bach, la Messe en si mineur occupe une place à part. Elle constitue l’un des sommets absolus de la musique occidentale et le testament spirituel du compositeur.

Paradoxe fondateur : Jean-Sébastien Bach, luthérien convaincu, compose une messe en latin, forme liturgique catholique. Il avait pourtant une raison précise. En 1733, il adresse au prince-électeur de Saxe, Frédéric-Auguste II, également roi de Pologne, le Kyrie et le Gloria, accompagnés d’une lettre sollicitant le titre de compositeur à la cour catholique de Dresde. En 1733, Bach considérait cette œuvre comme achevée.

En 1748, il se décide pourtant à l’élargir en Missa tota : il réalise alors essentiellement un assemblage de diverses pages puisées dans plusieurs de ses œuvres et réécrites par lui. Seul environ un tiers de l’ouvrage consiste en compositions « originales » : Credo, Incarnatus, Confiteor, et font partie des toutes dernières œuvres de Jean-Sébastien Bach.

La Messe en si mineur est une œuvre de synthèse dans le sens le plus fort du terme. Jean-Sébastien Bach y convoque les formes de son temps – chœurs fugués héritiers de la tradition polyphonique, airs da capo dans le style italien, chorals luthériens – et les fond en une architecture d’une cohérence saisissante.

Jean-Sébastien Bach a finalisé la Messe en si mineur au soir de sa vie (il mourra en 1750), alors qu’il est presque aveugle. On ne sait pas à quel usage précis il destinait cette somme. Était-ce une œuvre de prestige, un manifeste spirituel, une démonstration de l’universalité de sa foi ? Peut-être tout cela à la fois. Ce qui frappe, à l’écoute, c’est la conviction absolue qui traverse chaque mesure : Jean-Sébastien Bach ne compose pas pour un prince, ni pour une institution - il compose pour l’éternité.

Le compositeur n’a jamais entendu la Messe en si mineur dans son intégralité. Seul le Sanctus, composé en 1724, a été exécuté sous sa direction à diverses reprises à Leipzig. La première exécution publique de la version intégrale semble remonter à 1859.

La Messe en si mineur n’appartient à aucune liturgie particulière. Elle transcende les confessions, les époques, les styles. Elle est, selon le mot souvent cité, « la plus grande composition musicale de tous les temps », formule qui intimide autant qu’elle invite.

Ce soir, laissez-la simplement vous traverser.

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